Randonnée Redon-Arzal

Written by jade paddle surf 44 on. Posted in Récits

4 mars 2014   Après cinq semaines d’hiver gris, plusieurs tempêtes sombres et des pluies incessantes, le soleil est revenu. Même les oiseaux semblent plus légers.

Pierre envoie un message : « Le week-end s’annonce ensoleillée, et franchement, je ne pense qu’à ça depuis avant hier quand la météo s’est précisée, faire une belle journée SUP à la découverte d’un nouveau spot. Mayenne, Vilaine, Sèvres… je ne sais pas encore… est ce que cela te dirait? Par exemple une rando avec pique nique? Départ à la fraiche le samedi matin, dépose d’une voiture en aval, et une autre caisse en amont…on pourrait proposer le trip à d’autres… voila voila. »

 Ni une ni deux, l’idée d’une journée complète en SUP me tente vraiment, nous tombons d’accord pour faire le trajet Redon-Arzal sur la Vilaine, le dimanche. 

Je propose l’aventure aux adhérents les plus entraînés sur longue distance. Le lendemain, nous sommes cinq partants, c’est parfait pour partager une belle journée au long cours.

Deux jours après, Pierre envoie un message dépité : il a le dos bloqué, impossible de pagayer !

Je suis triste à l’idée de faire la randonnée sans lui, c’était son idée. Mais, Le soleil est si doux, si tentant. Et, il me semble impossible de décevoir ceux qui ont organisé leur week-end en fonction de la balade, rendez-vous est donné : dimanche 9h15 au niveau du Barrage d’Arzal

Nous chargeons une voiture et hop, c’est parti en direction de Redon. Malgré les bonnes rafales annoncées, personne n’a envie de raccourcir le trajet : nous sommes motivés pour faire les 40 kilomètres prévus.

 En passant sur le vieux pont, nous jubilons, il y a du jus ! 

En arrivant sur le parking du club d’aviron, nous sommes fraichement accueillis sans le moindre salut « Le ponton est privé, j’ai votre numéro de voiture, s’il y a le moindre problème, je vous retrouverai »

Oups…

Etant naturellement tranquilles et peu enclins à polémiquer, nous obtenons un peu de bonne grâce et comme je remercie le gentil homme de bien vouloir nous prêter « son » ponton afin que nous gardions les pieds secs, il tourne les talons avec un haussement d’épaule « De toutes les manières avec vos « paddle » (sic) vous aurez les pieds mouillés » Inutile de commenter.

Sylvie gonfle déjà sa planche, nous nous préparons.

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Nous sommes à proximité du vieux pont, la Vilaine dessine de grosses marmites, c’est certain, nous allons décoller à toute vitesse et cette idée me réjouis. 10H45, c’est le départ.

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 Les premiers kilomètres défilent très vite : 8 km en 45 minutes jusqu’à Rieux et son « château », un tas de ruines surmonté d’un tas de bois. 30 minutes et 5 km plus loin, c’est le pont tournant de Cran et l’envol des pigeons.

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Vient alors une longue portion plate et méandreuse. Le vent de sud se charge de faire varier notre tempo au gré des virages : tantôt de face, tantôt de côté, parfois dans le dos.

Pour certains, la faim commence à se faire sentir. L’idéal selon Jean-Baptiste serait de trouver un ponton pour accoster et un banc pour s’asseoir. Après trois kilomètres, je vois que devant “ça” accélère franchement : un port est à l’horizon… A taaaaaable !

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Après une heure de pause nous repartons pour la plus jolie partie de la promenade. Seul problème, le vent a forci et quand la falaise ne le coupe pas, il balaie la rivière de violentes rafales, soulevant un clapot de face qui ralenti notre avancée.

Heureusement, le paysage est magnifique et il y a toujours un virage au loin. Nous organisant nos efforts, alternant un pagayage très sportif dans les rafales avec des temps de progression bucolique à l’abri d’Éole.

Nous passons sous le pont de la quatre voies, à l’endroit même que je regarde chaque fois que ma route me conduis en voiture vers la Bretagne.

IMG_0852 Puis, c’est le pont métallique de La Roche-Bernard, le port, la ville…

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Nous sommes alors parfaitement à l’abri du vent. L’environnement est majestueux. Nous profitons de la douceur de l’air, de la lumière paisible, le courant nous porte un peu, nous ne sommes plus très loin de l’arrivée.

Quelques voiliers sont en goguette sur le plan d’eau qui s’est élargi, nous imaginons le trafic estival et nous apprécions le calme incroyable de la journée. Nous sommes le 9 mars et encore officiellement en hiver…

Un dernier effort s’impose en vue du part d’Arzal, quand le vent nous assaille à nouveau. Mais le port est en vue et la fatigue qui guettait s’efface.

 Nous posons pieds sur la cale, sous la capitainerie. 

Il est 17h30. Une belle journée de SUP s’achève.