Partager l’organisation d’une Compétition : Les Six Heures de L’Erdre

Auteur : jade paddle surf 44. Posté dans Actualités

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Vue du ciel des Six Heures de l’Erdre
L’idée trottait dans la tête des membres du bureau JPS44 depuis un bout de temps : organiser un évènement convivial, un événement où chacun trouverait sa place quel que soit son niveau sportif, quel que soit son équipement sportif ; un évènement de fin de saison qui ne serait pas remis en question par les conditions météorologiques.
Nous avions TRES envie d’organiser une épreuve de Six heures sur eau plate, en équipe, c’est à dire avec des relais pour ceux qui n’imaginent pas parcourir de longues distance à la rame.
C’est avec la complicité du CVAN que notre idée a pu germer, grandir et voir le jour. Le magnifique centre Nautique Nantais offre tout le confort nécessaire, le plan d’eau de la Jonelière est utilisable quelle que soit le temps. Et puis, nos objectifs de club étaient semblables, il s’agissait de vivre un grand moment de sport, ensemble, il s’agissait de partager et de faire plaisir.
C’était une première en France, dans le petit monde du Stand Up Paddle. Nous partions à l’aventure.
C’est avec un immense plaisir que nous avons accueilli une cinquantaine d’équipes, des solos, des duos, des familles, des kayakistes, des windsurfers, des navigateurs, des marins… bref, plus de 150 personnes prêtes à passer une journée sportive au bord de l’eau.
Dès le départ, donné à 10h45, les dés étaient jetés, il y avaient des “winners” et des “rêveurs”, chacun avait sa place, chacun avait son challenge et les passages de relais en portaient la marque.
Passage de relais vu du ciel
La règle du jeu précisait une planche par équipe, quel que soit le type de planche. Nous avons vu se côtoyer une UL de 18′, des 12’6 de compétition et des “allround” de fitness. Il y avait six heures de course et c’était pour tout le monde pareil.
Tout le monde a pu trinquer à l’apéritif, déguster des crêpes, boire un chocolat chaud et achever la journée avec le pot de l’amitié.
Les bénévoles du CVAN étaient sur le terrain, l’esprit d’équipe était partout visible.
Au total, ce fut un belle journée.
On parle déjà de la prochaine édition!    

Randonnée Redon-Arzal

Auteur : jade paddle surf 44. Posté dans Récits

4 mars 2014   Après cinq semaines d’hiver gris, plusieurs tempêtes sombres et des pluies incessantes, le soleil est revenu. Même les oiseaux semblent plus légers.

Pierre envoie un message : « Le week-end s’annonce ensoleillée, et franchement, je ne pense qu’à ça depuis avant hier quand la météo s’est précisée, faire une belle journée SUP à la découverte d’un nouveau spot. Mayenne, Vilaine, Sèvres… je ne sais pas encore… est ce que cela te dirait? Par exemple une rando avec pique nique? Départ à la fraiche le samedi matin, dépose d’une voiture en aval, et une autre caisse en amont…on pourrait proposer le trip à d’autres… voila voila. »

 Ni une ni deux, l’idée d’une journée complète en SUP me tente vraiment, nous tombons d’accord pour faire le trajet Redon-Arzal sur la Vilaine, le dimanche. 

Je propose l’aventure aux adhérents les plus entraînés sur longue distance. Le lendemain, nous sommes cinq partants, c’est parfait pour partager une belle journée au long cours.

Deux jours après, Pierre envoie un message dépité : il a le dos bloqué, impossible de pagayer !

Je suis triste à l’idée de faire la randonnée sans lui, c’était son idée. Mais, Le soleil est si doux, si tentant. Et, il me semble impossible de décevoir ceux qui ont organisé leur week-end en fonction de la balade, rendez-vous est donné : dimanche 9h15 au niveau du Barrage d’Arzal

Nous chargeons une voiture et hop, c’est parti en direction de Redon. Malgré les bonnes rafales annoncées, personne n’a envie de raccourcir le trajet : nous sommes motivés pour faire les 40 kilomètres prévus.

 En passant sur le vieux pont, nous jubilons, il y a du jus ! 

En arrivant sur le parking du club d’aviron, nous sommes fraichement accueillis sans le moindre salut « Le ponton est privé, j’ai votre numéro de voiture, s’il y a le moindre problème, je vous retrouverai »

Oups…

Etant naturellement tranquilles et peu enclins à polémiquer, nous obtenons un peu de bonne grâce et comme je remercie le gentil homme de bien vouloir nous prêter « son » ponton afin que nous gardions les pieds secs, il tourne les talons avec un haussement d’épaule « De toutes les manières avec vos « paddle » (sic) vous aurez les pieds mouillés » Inutile de commenter.

Sylvie gonfle déjà sa planche, nous nous préparons.

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Nous sommes à proximité du vieux pont, la Vilaine dessine de grosses marmites, c’est certain, nous allons décoller à toute vitesse et cette idée me réjouis. 10H45, c’est le départ.

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 Les premiers kilomètres défilent très vite : 8 km en 45 minutes jusqu’à Rieux et son « château », un tas de ruines surmonté d’un tas de bois. 30 minutes et 5 km plus loin, c’est le pont tournant de Cran et l’envol des pigeons.

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Vient alors une longue portion plate et méandreuse. Le vent de sud se charge de faire varier notre tempo au gré des virages : tantôt de face, tantôt de côté, parfois dans le dos.

Pour certains, la faim commence à se faire sentir. L’idéal selon Jean-Baptiste serait de trouver un ponton pour accoster et un banc pour s’asseoir. Après trois kilomètres, je vois que devant “ça” accélère franchement : un port est à l’horizon… A taaaaaable !

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Après une heure de pause nous repartons pour la plus jolie partie de la promenade. Seul problème, le vent a forci et quand la falaise ne le coupe pas, il balaie la rivière de violentes rafales, soulevant un clapot de face qui ralenti notre avancée.

Heureusement, le paysage est magnifique et il y a toujours un virage au loin. Nous organisant nos efforts, alternant un pagayage très sportif dans les rafales avec des temps de progression bucolique à l’abri d’Éole.

Nous passons sous le pont de la quatre voies, à l’endroit même que je regarde chaque fois que ma route me conduis en voiture vers la Bretagne.

IMG_0852 Puis, c’est le pont métallique de La Roche-Bernard, le port, la ville…

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Nous sommes alors parfaitement à l’abri du vent. L’environnement est majestueux. Nous profitons de la douceur de l’air, de la lumière paisible, le courant nous porte un peu, nous ne sommes plus très loin de l’arrivée.

Quelques voiliers sont en goguette sur le plan d’eau qui s’est élargi, nous imaginons le trafic estival et nous apprécions le calme incroyable de la journée. Nous sommes le 9 mars et encore officiellement en hiver…

Un dernier effort s’impose en vue du part d’Arzal, quand le vent nous assaille à nouveau. Mais le port est en vue et la fatigue qui guettait s’efface.

 Nous posons pieds sur la cale, sous la capitainerie. 

Il est 17h30. Une belle journée de SUP s’achève.

Tous les chemins mènent à Rome – 5 – Le voyage

Auteur : jade paddle surf 44. Posté dans Récits

Lundi 23 septembre 2013 : Ansedonia – Tarquinia Lido

Là-bas, au sud, mon arrivée se précisait.

Tous les obstacles semblaient passés. Je ne doutais quasiment plus de pouvoir y arriver. Dans certains scenarii pessimistes, je m’étais même convaincue qu’arriver à Civitavecchia (le port des paquebots à destination de Rome) serait satisfaisant … et Civitavecchia était à portée de pagaie, donc Fregene était un objectif raisonnable pour la semaine qui s’ouvrait.

Pour commencer, il fallait viser la cheminée rouge et blanche d’une centrale électrique. Peu ou prou, je m’avançais inexorablement vers un retour à la civilisation Une plage était située au pied de la centrale dans une dernière crique juste avant une mini pointe, puis des barbelés signalaient la zone industrielle. Au pied de l’immense cheminée, les bâtiments clignotaient, sifflaient, ronchonnaient… Enfin, s’ouvrait une plage de sable noire, couverte de cadavres aux troncs blanchis.

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En ne regardant que le côté plage, en coupant bâtiments, cheminée et barbelés, la vue avait un certain charme Il faisait une chaleur torride sur ce sable noir, je n’ai pas traîné plus que le temps d’une photo. S’ensuivit “Un long cheminement le long d’une interminable plage quasi déserte”. Une brise thermique ne tarda pas à se lever.

Afin de l’éviter, autant que pour allonger le temps, autant que pour couper la monotonie de la progression, je m’arrêtai sur une des plages de Montalto Marina. L’accueil sur “Antonio Spiaggia” fut des plus chaleureux. J’ai bien senti que le propriétaire (un surfeur romain) aurait vraiment aimé que je reste pour la nuit sur “sa” plage, il m’offrait un bel espace, une douche et un énorme paquet de sandwiches avec tout ce dont je pouvais rêver comme soda à boire…

J’ai commencé par faire une balade, dans une marina vidée de ses touristes, il n’y avait RIEN à voir! Il n’y avait pas grand chose à faire non plus J’ai longé le front de mer, et pour exciter ma gourmandise, j’ai regardé du côté des quelques glaciers qui restaient ouverts. Pour passer le temps, j’ai finalement choisi l’association citron/framboise Après une sieste à l’ombre, la brise commençait à faiblir, j’ai repris la mer.

La journée s’achevait. J’envoyai les news à Michel  en précisant : “Si les pressions restent hautes, il me reste deux étapes; ça sent la grande ville, on entend les avions aller et venir.” Et je regardais une fois de plus vers l’arrière, comme pour mesurer le chemin parcouru. Au loin Monte Argentario et Isola del Giglio (là où gît encore le Costa Concordia )

……

Mardi 24 septembre 2013 : Tarquinia Lido – Marina di San Nicola

5h15 : L’air est immobile, il fait nuit.

Je n’arrive plus du tout à dormir et je suis tout à fait reposée. L’idée de partir avant l’aube pour traverser le port de Civitavecchia avant que la brise ne se lève se fait de plus en plus forte. Je valide et je plie. J’ai adoré ce départ dans la pénombre, puis le lever du soleil pas à pas, coup de pagaie après coup de pagaie!

Je visais la grande cheminée de la centrale électrique (once more), le port est juste à côté. Passer “à travers” ces grands ports aura toujours été à la fois stressant et réjouissant. La mer était d’huile à cette heure et je n’avais donc aucun soucis de “manoeuvre”, je pouvais tranquillement guetter les mouvements des bateaux et adapter ma trajectoire.

A l’instant où j’arrivais le long de la digue, donc à l’instant où j’étais sortie de la zone de passage, j’ai senti un “truc” dans mon dos, c’était un de ces gigantesque hôtel flottant.

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Et voilà, une première “chose” était accomplie : dans cette journée, j’avais passé le port.

Peu après, je découvrais une zone de riches villas, des résidences secondaires visiblement… Décidément “ça” sentait la ville A mes pieds, l’eau était absolument limpide, contrastant avec l’eau sale de la traversée du port et j’ai pris le temps de profiter de ce passage.

En fin de matinée, j’avais besoin de me restaurer et je me suis arrêtée sur une plage au hasard. Je n’ai pas trouvé de boulangerie, les passants ne pouvaient rien m’indiquer d’autre que la grande surface la plus proche, à 5mn en voiture! Je me suis contenté du café de la plage et des pains pré-emballés que la gentille dame m’a soldé à deux pour le prix d’un : “c’est parce que la saison est finie, on ferme demain”. Ouf… Il était temps!

La direction de la brise, puis du vent était parfaite 3/4 arrière et j’attendais que le 3 bft passe au 4 annoncé, c’était juste délicieux d’avancer aussi facilement. Cependant je m’inquiétais de savoir où viser exactement, c’était tellement agréable que je n’avais pas envie d’en finir mais pas envie non plus de me laisser porter vers un cap qui me forcerait à ramer contre le vent.

C’est alors que j’ai vu un yacht à l’ancre un peu plus au large. Ni une, ni deux, je me dirigeai vers lui bien décidée à vérifier mon chemin. C’était un petit yacht certes, mais déjà un très beau bateau. Deux hommes m’accueillirent et m’indiquèrent approximativement le cap à suivre, dans l’axe du vent.

Mais avant que je reparte …

“Vous venez d’où comme ça?”

Je leur expliquai en deux mots et alors :

“Voulez vous prendre un café?”

Comment refuser?

Quelques secondes plus tard, je tendais mon bout d’amarrage, je montais sur “la terrasse” en teck, puis un peu plus haut j’accédais au salon de plein air aux belles et profondes banquettes blanches…

Incroyable! Comment aurais-je pu rêver ou même simplement imaginer qu’il était possible de boire un café dans un yacht au milieu d’un downwind?

C’était, une fois encore, juste magique.

Pendant ce temps le vent s’affirmai à 4bft et c’était simplement génial .

Il était temps de repartir! Sur la pointe derrière laquelle se dissimulait Ladispoli, j’ai eu envie d’une photo souvenir. Puis, j’ai décidé de simplement laisser glisser, prendre encore plus de plaisir. Il était inutile de viser directement Fregene. Arriver le soir et bivouaquer là-bas en attendant le matin n’avait aucun sens. De vent 3/4 arrière, je suis passée à vent arrière! Et j’ai atterri sur une plage de la Marina San Nicola!

Il était encore tôt. Comme d’habitude, dès ma “descente de planche”, j’ai cherché à qui demander l’autorisation de “rester pour la nuit”, sans imaginer un seul instant l’accueil qui allait m’être réservé. Les gars étaient tout simplement extraordinaires, hyper chaleureux et aux petits soins. Après le pot d’accueil, j’ai vu arriver une assiette de fruits (juste le truc dont je rêvais) avec ces mots d’excuse “C’est tout ce qui nous reste, nous sommes en train de fermer le club”… Mais c’était ce dont j’avais besoin, rien de plus…

Nous avons parlé, refait le monde, pris des photos 🙂

La nuit tombait. Je commençais à préparer mon emplacement de bivouac quand l’un des gars vint me chercher

“Vient par là”…

Il me fit entrer dans le bar du club, les autres étaient là…

Il me tendirent une flûte de boisson gazeuse et nous avons trinqué!

Champagne… Ca c’était fait, avec le coeur, chaleureusement, sincèrement, je n’aurais jamais pu rêver plus simple et plus grand à la fois.

Je touchais le but. Le lendemain ne serait que “formalités” et retour aux contraintes et soumission à la “météo des gens”, je le savais.

Je savourais infiniment cette soirée là.

Dernier bivouac.

……

Mercredi 25 septembre 2013 : Marina di San Nicola – Fregene – Rome

Un regard vers l’horizon, en direction du but, désormais bien visible.

Dernière mise à l’eau avec tout ce “bazar”, le minimum à la fois indispensable et largement suffisant pour affronter toutes les situations qui s’offraient. A chaque départ je regardais derrière “de peur” d’oublier quelque chose, à chaque départ, juste après ce coup d’oeil en arrière, j’étais heureuse en me disant que TOUT tenait à si peu de chose, prenant à la fois tant d’importance et si peu de place…

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Je longeais la plage et la ville était en filigrane, en fond sonore et visuel. Tout au long du trajet, des hommes s’affairaient à enlever les corps-morts qui maintenaient en place les bouées de l’été. J’avais l’impression “qu’on” pliait derrière moi, j’arrivais vers mon but et le spectacle était terminé. Fregene est une petite ville de banlieue, une petite station balnéaire sans immeubles en front de mer.

Il fallait trouver la plage “Miraggio” sur laquelle j’avais prévu d’arriver, j’ai donc longé très lentement la succession de plages privées encore endormies, cependant visiblement plus luxueuses les unes que les autres. Pourquoi “Miraggio” et pas une autre? Certainement parce que s’y tient un club de SUP. Quand j’avais croisé celui qui l’anime, lors d’une compétition à la fin juin, je lui avais fait part de mon projet italien/romain. Il l’avait accueilli avec un enthousiasme tout méditerranéen. Au fil des semaines et des messages sans réponse, mon inquiétude était tombée, l’accueil serait tel que je le souhaitais “sans tambour ni trompette”.

Cette plage restait cependant “la” plage que je devais viser parce qu’il fallait bien décider d’un point d’atterrissage Il ne fait aucun doute que j’avais fait le bon choix. Bien qu’arrivant “comme tombée de la lune”, j’ai trouvé sur cette plage un “salvataggio” incroyablement cordial et compréhensif, maîtrisant parfaitement la langue de Molière. Le “hasard” fait décidément parfaitement son boulot!

Les “champions” locaux étant en partance, c’est un associé qui se retrouva, au saut du lit et après un appel téléphonique surprise, avec mon encombrante arrivée à gérer. Il choisit finalement de ne pas déléguer l’affaire… bien qu’il eut visiblement bien d’autres chats à fouetter!

J’ai donc eu tout à loisir le temps de ranger mon matos, de prendre une douche froide, de m’habiller en citadine et de manger le pain qui me restait avant d’aller remercier celui qui m’avait vu débarquer et m’avait bien aidée à expliquer ce dont j’avais besoin : trouver une solution pour rentrer à la maison.

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Peu après, l’associé me posait en haut d’un passage souterrain qu’il fallait franchir pour atteindre la billetterie de la gare de banlieue et retournait à ses affaires.

La planche était restée au club. Je n’avais plus que mes deux sacs et mes deux pagaies pour terminer le voyage, j’étais à nouveau en autonomie et sans assistance.

Il me restait une pomme, des amandes, une canette et tout le temps qu’il fallait : à la mi-journée, les trains ne passaient que chaque 45 mn et j’en avais raté un!

A peine 5mn après le départ du train, c’était l’entrée et la traversée de Rome. En passant au dessus du Tibre, j’ai pensé que j’avais été bien inspirée de ne pas tenter d’y naviguer, la couleur de l’eau n’était pas vraiment attirante.

La gare centrale Roma Termini est gigantesque. Dans la rue, j’ai posé une photo souvenir. Puis, j’ai traîné mes sacs bien lourds vers le guichet où l’employé tenait absolument à me vendre le billet le moins cher, j’ai déposé les bagages à la consigne et j’ai traîné mes guêtres (enfin mes tongs) en ville Guère motivée par le tourisme monumental, j’ai cédé à la gourmandise avec délice

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La journée s’achevait.

Après un passage sur internet, je suis retournée à la gare. Il n’était plus question d’attendre que le vent se calme, il fallait attendre l’arrivée du train de nuit… C’était déjà presque une autre histoire.

……

Jeudi 26 septembre 2013 : Rome – Genova – Vintimille – Nice – Marseille

Quelques lignes au sujet de ce retour. J’ai besoin de boucler la boucle.

D’abord, je ne comprends toujours pas ce qui a motivé le guichetier pour me vendre une place assise “pas chère” dans le train de nuit Naples-Rome-Turin.

Ce qui est certain, c’est qu’il ne voulait pas me faire d’autres propositions et me vantait cette possibilité comme étant la meilleure Finalement, je n’ai pas regretté. C’était inconfortable, mais je me suis emballée dans mon duvet et j’ai pu me reposer “chez moi” au milieu du va et vient, entre les hommes du compartiment, entre le passage des policiers en arme, les bavardages incessants, les migrants paumés et les dizaines d’arrêts jamais annoncés.

J’ai d’autant moins regretté que le fait de guetter chaque station m’a permis de remonter le temps en remontant mon parcours. Car le train longe très précisément la côte et je voyais de nuit les villes que je n’avais fait qu’effleurer de jour. Dans mon imagination, malgré la fatigue, la magie opérait encore La veille, vers 23h, après avoir longé le quai déserté par les travailleurs en direction du train de banlieue…

1° Rome-Rome … l’attente a commencé sur le quai romain.

Le quai se remplissait d’une foule grise avec quelques touristes allemands, quelques familles et beaucoup d’hommes seuls, sans bagages, pleins d’espoir. Ceux-ci formaient des grappes, parlant un langage exotique s’échangeant cigarettes et boissons étranges. Le train devait arriver à 0h15, il arriva avec un retard de 30mn… C’était sans problème, sauf que… les gares n’étant pas annoncées, il fallait réussir à descendre dans la bonne sans connaitre l’horaire d’arrivée.

Viser Gènes Principal alors qu’il y avait au moins 5 arrêts à Gènes et que l’affichage en gare est minimaliste comportait un certain risque, j’ai ainsi “repêché” les touristes allemands (ils allaient eux aussi à Marseille) qui descendaient à “la bonne heure” sans regarder le nom de leur station

2° Gènes-Vintimiglia TER… Changement d’ambiance, c’est l’heure de partir au boulot et c’est l’heure des écoliers. Il faisait assez gris et je mesurais la chance qui m’avait accompagnée avec une météo plutôt clémente sur l’ensemble du parcours

3° Vintimiglia-Nice TER français… Une population chic et un contrôle de flic ciblé “montrez vos papiers, cartes de séjours, etc…” Visiblement, la correspondance avec le train venant de Naples est attendue! 4° Nice-Marseilles Collée à la fenêtre, je m’accroche aux derniers kilomètres de côte visible.

C’est fini. Au fond du ventre, j’ai une folle envie de chevaucher encore plus loin la grande bleue… Mais c’est fini pour cette fois.

A Marseille, mon hôte attendait.

Tandis qu’il m’accueille, je lui déverse mes premières impressions en vrac. C’était vraiment magnifique de rencontrer cette personne là et sa famille. Merci à lui.

Alors que je n’avais pas vraiment dormi, une bonne douche chaude au bon savon de Marseille fut suffisante pour me tenir jusqu’au soir. Après une nuit de princesse dans un immense lit sous une douce couette, j’ai embarqué dans ma voiture et attrapé l’autoroute.

Le vendredi 27 au soir, j’étais de retour à la maison après exactement quatre semaines de partance, une carte bancaire à peine utilisée et des souvenirs plein la tête!

La boucle Nantes-Annecy-Marseille-Rome-Marseille-Nantes était refermée!

J’ajoute que je reste fascinée par ce sport et tout ce qu’il m’offre, particulièrement en terme de contrastes. J’aime tout, je prends tout. Hier, j’ai pagayé sur une rivière bucolique, entraînant quelques amis dans des jeux de course (en suédois, on traduit “jeu de course” par “fartlek”, et c’est le nom d’une méthode d’entraînement qui consiste à utiliser le terrain, la nature pour varier ces allures de courses ) Au passage, nous avons cueilli des fruits mûrs sur un figuier qui nous tendait ses branches. Le ciel était parfaitement bleu. Aujourd’hui : ciel gris, changement d’heure et météo entraînante Avec la même planche, la même pagaie et la même bonne femme, ce fut dégoulinade d’adrénaline, surf et “vitesse” grâce à un bon vent 6bft sur le terrain de jeu de la côte de Jade.

PS Juillet 2014 : les billets sont déjà pris pour un prochain trip de septembre !

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