Le rendez-vous du Salon Nautique. Paris sur la Seine.

Written by jade paddle surf 44 on. Posted in Compétitions

copyright Raoul Dobremel

 

 

Nous étions une dizaine de Jade Paddle Surf à faire le voyage jusqu’à Paris pour participer au Nautic Sup Paris Crossing

La vidéo officielle est en ligne.

Le compte rendu de Get Up Sup Mag est ici  

Les articles dans le journal Le Monde sont les suivants « La traversée de Paris sur la Seine » suivi de « J ‘ai marché sur la Seine » 

 Le Nautic Sup Paris Crossing est une course très spéciale. Lancée à l’aube dans le froid de décembre, elle provoque inévitablement des sensations hors normes. Nous vous proposons de lire les différents points de vue de nos compétiteurs: celui de Joelle dans ce billet, puis le récit de Vincent, celui de Nadège et la vidéo de Robin .

 

 Le point de vue de Joelle

copyright Munich Stand Up Paddling

“C’est la première fois que je faisais le voyage pour traverser Paris sur la Seine. Je n’avais pas d’attentes spéciales, sinon celle de passer du bon temps en retrouvant les amis SUPeurs venus de toute l’Europe.

L’ambiance course commença à monter dès le samedi soir avec un spectaculaire briefing organisé sur la scène du Salon Nautique. On nous parlait d’un départ qui promettait d’être mouvementé avec des croisements inévitables et donc des chutes possibles. Bien plus tard dans la soirée, après avoir refait le monde chez de bons amis, je me suis endormie en réfléchissant à la trajectoire que je devrais adopter le lendemain pour avoir une chance de rester sèche.

Dimanche matin à 6h tapante, Robin passait me prendre. Dans sa voiture chauffée à bloc, un air de rock tentait de nous réveiller complètement. La ville givrée était absolument vide de toute circulation et, comme prévu, nous sommes arrivés au rendez-vous juste pour l’ouverture des portes.

 A partir de ce moment le temps était compté, il fallait que nous soyons attentifs aux ordres de la direction, l’ambiance était particulière. Il fallait voir tout un chacun observer le voisin se vêtir, hésiter sur son propre équipement, ajouter un plus ou un moins de dernière minute avant de s’engouffrer dans les bus qui ronflaient déjà. J’avais l’avantage de bien connaître mon équipement de navigation dans le froid (merci les entrainements d’hiver sur l’Erdre) et de ce côté là j’étais sereine. Je viens d’apprendre que Morene (une hollandaise) s’était vêtue bien trop chaudement, au point de « cuire » lors des premiers kilomètres et de n’avoir aucune énergie pour ramer, ce n’est qu’avec le rafraichissement provoqué par le vent de face qu’elle a pu accélérer dans la dernière portion.

Dans le bus qui filait le long des quais, la course avait donc commencé en fonction de la stratégie vestimentaire adoptée dans le grand hall du salon nautique…

Quelques instants plus tard, nous étions débarqués devant la Grande Bibliothèque.

Nos planches nous attendaient, il fallait vite y fixer l’aileron, vite la poser, vite écouter les dernières recommandation, vite enfiler le lycra par dessus le camelbag (nous étions tous, de fait, un peu bossus), vite, vite…

A propos, il avait été inutile que je fasse des plans de départ la veille, tout était changé : finalement nous allions partir dans le sens du courant !

Vite… A l’eau…

Temps mort, nous attendons le départ. J’entends : « allez vers le pont, allez vers le pont », j’entends « 3mn, il reste 3mn », je reste prudemment à l’écart, j’entends « …mn, il reste …mn », je suis encore à l’écart et hop, ni une ni deux, la sirène hurle, c’est le départ… A l’attaaaaaaaque… J’ai déjà 50 mètres de retards sur les premiers !

 Bien calée sur ma planche, je suis insensible aux remous et je remonte tranquillement le bataillon des attardés pour me caler à la place qui restera la mienne jusqu’au dernier pont.

Paris s’éclaire doucement. Les monuments défilent sur les berges, les ponts succèdent aux ponts.C’est fascinant de ramer au coeur de la capitale, d’apercevoir le centre historique sous un angle inconnu, je suis vraiment contente d’être là. De temps, en temps, je jette un oeil en arrière, ma concurrente directe reste à bonne distance, l’ordre d’arrivée semble joué.

 Au dernier pont, coup de théâtre, je sens du monde dans mon dos. Je vois arriver Morene comme un bolide avec Christina qui semble attachée à sa remorque. Je m’arc-boute contre le vent, peine perdue, elles me doublent et nous rattrapons la concurrente précédente dans notre « formidable sprint », coupant presque ensemble la ligne d’arrivée.

 Tout est joué, tout est en ordre, j’avais le dossard 13, je finis 13 !  😉

 (Nous étions treize filles en catégorie « pro » dont seulement 5 françaises)”